2ème chance

 

2ème chance

Pourquoi avait-il voulu lui parler à elle ?

 Il l’avait impliquée dans son mal-être et ce passé si proche et pourtant si lointain s’était remis à tourbillonner dans sa tête.

 Tout ce bonheur qui aurait pu être et dont elle n’avait pas voulu.

 Ce sentiment irraisonné qu’elle avait cru avoir maîtrisé la submergeait à nouveau et la poussait hors des limites qu’elle s’était fixées.

 Ils se parlaient, enfin, mais il était trop tard.

 Elle avait choisi la voie de la raison, y avait retrouvé son équilibre, du moins voulait-elle s’en convaincre.

 Elle retenait difficilement les élans qu’elle sentait naître au plus profond de son être, se forçait à paraître calme et sensée, dominant les tremblements naissant dans sa chair.

 Elle l’écoutait et se voyait posant doucement la tête sur son épaule, se serrant contre lui sans qu’il s’écarte ou ne la repousse gentiment, gêné.

 Elle était prête à le suivre, à tout quitter. 

 Alors, elle lui avait tout avoué, ses espoirs, ses doutes, les questions qui lui étaient venues, les réponses qu’elle s’était fabriquées, sa décision de transformer un amour qu’elle savait impossible sur un autre plan, avouable celui-là dont elle pourrait parler, qui ne soulèverait pas de critiques.

 Une dernière fois, elle avait compris que ce bonheur ne serait pas pour elle.

 Elle avait refermé la porte précautionneusement sur ce moment de folie et s’était retranchée discrètement derrière tous les paravents qui se trouvaient sur sa route.

 Et voilà qu'à  présent, il lui prenait la main, qu’elle sentait les siennes chaudes et douces sur la sienne à elle, qu’il se confiait, qu’il semblait lui reprocher de ne  pas être allée vers lui.

 Elle aurait voulu revenir en arrière, effacer les années, estomper ses rides, retrouver sa longue chevelure blonde, évacuer les kilos qu’elle avait accumulés comme autant de remparts pour lui trouver toutes les excuses. 

Pourquoi aurait-elle lutté ?

 Pourquoi aurait-elle cru tout à coup qu’elle aussi pouvait être heureuse ?

 Ce n’était pas dans l’ordre des choses.

 Elle avait donc promis qu’ils allaient se revoir, elle lui avait laissé espérer une issue à laquelle elle ne croyait pas.

 Et il avait attendu un écrit, un appel, un signe.

 Elle n’avait pourtant pas saisi cette chance qui lui était ainsi offerte et s’était enfoncée dans la médiocrité d’une existence sans histoires.

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