Capitre 7 - Lorsque l'enfant paraît

 

Après un profond soupir, Julia se laissa aller au sommeil tentateur.  Sur l'écran de son rêve elle se revit, cette nuit de juillet où elle s'était réveillée, honteuse, pensant qu’elle s’était "oubliée" en dormant.  Lorsqu’elle s’était levée, elle avait eu un peu le tournis mais ensuite, elle s’était lavée et avait rapidement changé les draps.  Des douleurs insupportables avaient commencé à lui tordre le ventre et elle ne pouvait s’empêcher de gémir, ce qui lui demandait un effort immense tant son envie de hurler était forte.  Elle n’avait toutefois pas pu faire tout cela sans que Marguerite ne l’entende.  Celle-ci à peine entrée dans la petite chambre avait tout de suite compris que Julia avait perdu les eaux et avisant le visage de la jeune femme tordu de douleur, s’était dit qu’il était urgent d'envoyer chercher la sage-femme.  Elle avait appelé son mari d’une voix forte qui avait traversé les murs. "Fais ce que je te dis et tout ira bien "lui avait-elle dit.  "Que se passe-t-il?" avait risqué la jeune femme.  "Ben, ton gosse, y va sortir", avait répondu rudement Marguerite pour cacher son émotion.  "Couche-toi et ne bouge plus de là, je reviens."  Elle avait rapporté des essuies immaculés que Julia n’avait jamais vus depuis les mois qu’elle était là et elle se souvenait avoir pensé qu'i y avait encore beaucoup de recoins dans la petite maison qu'elle n'avait pas découverts.  Jack (oui, c'est ça, il s'appelait Jack, c'est ça!) avait apporté une grande bassine d’eau fumante, au bout de ce qui avait semblé une éternité de crampes de plus en plus douloureuses.  Elle s’était dit: "je suis bien punie d’avoir vidé la casserole en cachette hier soir, me voilà bien malade maintenant!"  Marguerite avait soulevé la jupe de la future maman qui avait voulu s’y opposer mais avait stoppé net son geste de refus sous le regard de la vieille femme qui lui avait ôté ensuite ses bas et sa culotte pour la laver soigneusement.  Gênée, Julia n’avait plus rien osé dire.

Jack s'était discrètement dirigé vers la fenêtre à travers laquelle il fixait un point éloigné du paysage.  "Par où?" murmura-t-elle enfin.  Il lui avait fallu un certain temps pour enregistrer les paroles de Marguerite.  "Par où il est entré, petite idiote" avait répliqué cette dernière, surprise de la question, tout en levant la tête, prête à gourmander la jeune femme.  A ce moment, elle avait compris que Julia n’avait aucune idée de ce qu’elle avait voulu dire, ni de ce qui allait se passer.  Quelques coups discrets furent frappés à la porte et la sage-femme était entrée.

Julia se souvint avoir eu très mal, elle avait hurlé sans retenue, jusqu’au moment merveilleux où elle avait entendu un petit hoquet, suivi de pleurs aigus sortant de la bouche énorme de cette petite chose enveloppée d’une douce couverture en coton blanc que Marguerite lui avait déposée dans les bras.

Pendant l’accouchement, la vieille femme lui avait expliqué ce qui se passait, profitant des rares moments où Julia reprenait son souffle.  Celle-ci n’avait pas bien compris comment il se faisait qu’un bébé avait grandi en elle, mais se rappelait la joie qui l'avait submergée quand elle l'avait pris dans ses bras.  "Mon petit Henri" avait-elle soupiré, puis elle s’était endormie paisiblement.

 

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